L' être humain reste fondamentalement optimisme. Il n' y à rien à faire. A chaque nouvelle année qui débute on ne peut s' empêcher de l' être. Vous me direz sûrement que c' est mieux ainsi et que le contraire répond à une pathologie qu' il faut nécessairement soigner. C' est probablement vrai en règle générale, mais dans le domaine qui nous occupe, à savoir la Bourse, je me pose la question régulièrement de savoir si il n' est finalement pas mieux d' être pessimiste. Comme vous peut-être je n' ai pu m' empêcher ce matin d' être optimiste. Lorsque le marché a commencé a bien avancé je me suis dis, bien naivement, que cela être une belle année. Soit exactement le contraire de ce que je pensais quelques jours avant la fin de l' année 2007. En discutant en effet avec un ami sur l' évolution du marché en 2008, je lui ai fait part de mes inquiètudes ( toutes relatives car j' interviens évidemment aussi sur les marchés à la baisse ) concernant notamment un ralentissement plus que probable de l' économie américaine. On ne peut pas dire qu' à cet instant là j' étais particulièrement pessimiste, mais tout simplement réaliste, et ce avec le recul de la personne qui n' était pas derrière ses écrans à cet instant là. Entre cette conversation avec mon ami, et la situation de ce matin il ne s' était pourtant rien produit de significatif qui puisse valablement inverser mon opinion. Je mets donc cela sur le compte de mon optimisme naturel semblant donc être le propre de l' être humain non sujet à la dépression. Cet optimiste n' aura évidemment pas duré longtemps et les réalités des marchés quelques heures plus tard m' ont convaincu d' être à nouveau réaliste comme je l' étais encore il y a quelques jours. On voit donc encore bien, pour ceux qui en douteraient encore, de l' importance de l' aspect psychologique en matière de Bourse. Même quand tous les indicateurs sont dans le rouge, on a souvent du mal à croire que la situation peut devenir catastrophique à terme, alors que dans le cas contraire on croit vite que l' on montera toujours plus haut, et qu' enfin la purge est arrivée à son terme et que tout va donc aller très bien pendant des lustres. Par la suite, on s' aperçoit qu' on a de nouveau été trop optimiste pour ne pas dire carrément rêveur. En fait on se rend compte qu' on ne sait jamais vraiment où l' on va, qu' on soit pessimiste ou optimiste. La Bourse, comme tout le reste d' ailleurs, n' est finalement qu' un éternel recommencement, et alors qu' on connait les conséquences des événements du passé, on ne parvient toujours pas à en tenir compte pour le futur. Comme je le signifiais recemment dans un article, j' ai souvent l' impression de répéter la même chose et sans avoir vraiment l' impression d' être entendu. L' être humain, même en étant averti, recommence pourtant à faire de nouveau les mêmes erreurs. En Bourse c' est encore plus flagrant que dans n' importe quel domaine, car la sanction est très souvent immédiate. Au final il faut donc être réaliste. Et c' est bien là toute la difficulté. Il faut donc combattre l' optimisme pour réussir en Bourse. C' est un véritable défaut et comme en Bourse le pire ennemi c' est... nous, il va falloir corriger ce défaut.