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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 12:02

Mathilde Levasseur, 32 ans, est gérante chez PICTET Private Equity. Elle nous livre sa vision actuelle des marchés.

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ZONE-TRADING : La reprise américaine ne semble finalement pas au rendez-vous, qu' en est-t'il ?

 

Mathilde Levasseur : Dans l' absolu ce n' est pas vraiment une surprise, même s' il est toujours facile de le dire maintenant. Mais objectivement, la reprise dont on parle est plus le fait d' un mouvement technique comme c' est toujours le cas après une crise sérieuse, plutôt que d' une réalité bien réelle. La remontée est toujours plus difficile que la descente, c' est surtout ça qu' il faut retenir.

 

ZONE-TRADING : On pensait pourtant que c' était essentiellement l' Europe qui allait poser problème.

 

M.Levasseur : Ce n' est pas le blanc ou le noir. Nous sommes en 2010 et tout est désormais lié dans le monde. C' est la globalisation totale. Si une région dérape, personne ne peut vraiment en profiter à l' autre bout du monde.

 

ZONE-TRADING : La Chine continue pourtant à tirer son épingle du jeu.

 

M.Levasseur : Bien sûr, mais on a quand même pu voir ces derniers temps qu' elle dépendait bien plus qu' on ne le croit de la santé économique de ses partenaires. La Chine reste de toute façon un cas assez à part. On ne pas comparer véritablement les choses. Les USA et l' Europe ne sont pas la Chine. Les choses ne peuvent donc évoluer de la même façon.

 

ZONE-TRADING : Le phénomène " Grèce " n' était-il finalement pas un peu exagéré ?

 

M.Levasseur : Oui et non. Les marchés aiment exagérer parfois, c' est un fait. Mais ce n' est quand même jamais par hasard. Le cas de la Grèce était toute de même l' arbre qui cachait la forêt. Il aura de toute façon permis aux politiques de se réveiller en acceptant la réalité telle qu' elle était. C' est de toute manière dans la nature de l' être humain d' attendre d' être dos au mur pour vraiment réagir.

 

ZONE-TRADING : Les politiques ont-ils peur des marchés ?

 

M.Levasseur : C' est évidemment une certitude, même s' ils s' en défendent. Ils veulent montrer qu' ils ont les choses en mains, mais personne n' est dupe. Cela fait déjà longtemps que les choses sont ainsi. Le reste n' est que de la politique.

 

ZONE-TRADING : A ce propos, que penser de la " nouvelle " réglementation américaine en matière de régulation des marchés ?

 

M. Levasseur : Les choses sont les mêmes sur le fond. Voilà ce qu' il faut retenir. Après, il s' agit de controler davantage, et c' est bien le minimum qu' on puisse faire. Mais franchement, si une nouvelle crise devait arriver, il y a fort à parier qu' elle ne serait pas évitée. Les choses ne sont jamais simples. Les crises ne sont jamais prévisibles, sinon ce ne seraient tout simplement pas des crises par essence.

 

ZONE-TRADING : Le chômage américain reste à des niveaux particulièrement hauts. Pour quelle raison ?

 

M.Levasseur : Tout simplement car la reprise dont on parle, s' il s' agit bien d' une reprise d' ailleurs, est loin d' être suffisante pour créer des emplois. La reprise économique enregistrée aux USA reste pour l' instant essentiellement technique. Le taux de chômage actuel en est la preuve. Les consommateurs américains restent extrêment prudents. Les USA ne sont pas l' Europe. Ici, nous sommes habitués à des Ztaux de chômage élevés depuis des decennies. Cela n' a jamais été le cas aux USA jusqu' alors. Les américains sont donc confrontés à un phénomène nouveau, qui les angoisse à très juste titre. Et sans consommation, la " machine " ne peut pas repartir de manière efficace. En fait, pour l' instant, les entreprises ont juste reconstitué leur stocks respectifs. La consommation telle qu' on peut l' attendre n' est encore pas véritablement effective à ce jour, par conséquent les entreprise n' embauchent pas.

 

ZONE-TRADING : Les marchés ont-ils crié victoire trop vite alors ?

 

M.Levasseur : Les marchés tentent d' anticiper les choses. Ils le font même plutôt bien. Reste que l' horizon dans lequel ils opèrent, est de plus en plus réduit. Par conséquent, l' incertitude demeure forcément.

 

ZONE-TRADING : Les marchés peuvent justement paraitre déroutant à l' heure actuelle. La visibilité reste finalement médiocre, et ce alors que la grande majorité des entreprises ont fait état de publications encourageantes. Comment expliquer cette incertitude de la part des marchés ?

 

M. Levasseur : On revient de tellement loin, que franchement, on ne pouvait que faire mieux. Il ne faut en effet pas oublier l' ambiance quasi " fin du monde " après la chute de Lehman Brothers. Les carnets de commande étaient alors tout simplement devenus vide, et ce en un temps record. Les résultats actuels sont certes réjouissants, mais par rapport à la période délicate qu' était 2009. Encore une fois, au risque d' en décevoir certains, la reprise du moment, qu' elle soit américaine ou européenne, reste essentiellement " technique ".

 

ZONE-TRADING : Peux t-on rechuter alors ?

 

M.Levasseur : Tout est toujours possible, dans la vie en général, et en Bourse en particulier. Ne dressons cependant pas un tableau trop noir. Il est fort probable que nous soyons sortis de la crise. Le point bas a été atteint très probablement en mars 2009. Mais les sorties de crises ne se font jamais sans mal. 2010 tente donc de retrouver ses marques pour aller de l' avant. Ce shéma reste classique. Mais concernant le marché et son évolution, en fait,  personne ne sait rien... Vous trouverez toujours des gens aux compétences similaires qui vont diront des choses aux antipodes, en argumentant pourtant objectivement.

 

ZONE-TRADING : En tant que gérante, peux t-on cependant connaitre votre opinion personnelle ?

 

M.Levasseur : L' année 2010 reste une année de transition entre le point bas de la crise, et la reprise véritable. L' évolution actuelle des marchés n' est donc pas véritablement une surprise. Il faudra attendre 2011 pour y voir plus clair.

 

ZONE-TRADING : L' année 2010 est-elle déjà " pliée " selon vous ?

 

M.Levasseur : Je pense effectivement que l' on va rester dans l' incertitude jusqu' à la fin de l' année. Les USA ont cassé l' ambiance. L' europe qui n' était déjà pas très enjouée, n' avait évidemment pas besoin de ça. A un peu plus de 4 mois de la fin de l' année, je vois mal comment la situation des USA pourrait évoluer de manière probante. Il va falloir encore du temps. Les USA restent très fragilisés par l' emploi et l' immobilier, qui sont bien évidemment liés.

 

ZONE-TRADING : A propos d' immobilier américain justement, de nouvelles mesures semblent naîtrent pour protéger les consommateurs, quant est-il ?

 

M.Levasseur : Il serait quand même temps non ? A travers ceci on voit bien que les politiques n' ont vraiment pas encore saisi l' ampleur et la cause la crise que nous avons vécu. Ils ont préféré, à des fins politiques, trouver des bouc-émissaires pour tenter de gagner du temps. Cela fait froid dans le dos, et démontre, une fois de plus, si besoin était, qu' une nouvelle crise peut très bien se reproduire dans le futur. La grave crise que nous avons vécu est celle du " subprime ", à savoir celle d' avoir accordé des crédits à des sujets qui n' étaient pas solvables. Or aujourd' hui, plusieurs années après, et alors que nous subissons encore les conséquences de cette crise mémorable, les choses n' ont absolument pas évolué. Les ménages américains sont toujours aussi peu protégés. C' est grave.

 

ZONE-TRADING : Que conseillez aux investisseurs qui souhaient " jouer " le " long terme " ?

 

M.Levasseur : Déjà, ne pas oublier que " les conseilleurs ne sont jamais les payeurs ". Chaque cas d' investisseur demeure donc particulier. Il faut ensuite définir vraiment ce qu' est le " long terme ". Cela reste très vague. Concernant mon avis, j' inciterais les investisseurs à se diriger vers les " grosses locomotives " des différentes côtes. Pour le marché français par exemple, la composante du CAC me semble de bonne qualité. Inutile donc d' aller investir sur des valeurs petites ou moyennes bien plus fragiles. Après reste à trouver le " timing " adéquat. Même si on " joue " le " long terme ", il est en effet toujours préférable de partir au bon moment. La correction du moment est à surveiller. Le mois d' août touche à sa fin, et des opportunités vont probablement apparaitrent pour " jouer " 2011. Dans un objectif à " long terme ", il faut en effet commencer à penser à 2011. L' idéal est de diversifier son portefeuille sur de gros poids lours du CAC par exemple, en attendant " tranquillement " 2011.

 

ZONE-TRADING : Merci à vous

 

M.Levasseur : Merci.

 

www.zone-trading.com

 

 

 

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 12:29

Camille MARTINI est gérante de fortune au sein d' une société de gestion basée à Genève. Elle nous livre une nouvelle fois sa vision de la situation du moment.

 

ZONE-TRADING : 2010 devait être l' année de la " fameuse " reprise. La déroute des marchés n' était désormais plus qu' un lointain souvenir, et tout allait repartir comme au bon vieux temps...

 

Camille MARTINI : Il ne faut jamais vendre la peau de l' ours avant de l' avoir tué. Et à fortiori, avant de l' avoir vu.

 

ZONE-TRADING : Les publications de bon nombre d' entreprises n' étaient pourtant pas si mauvaises...

 

Camille MARTINI : Vous avez raison. Elles étaient même bonnes. Mais de quoi parlons nous ? De quelles bases partions nous ? On revenait de loin. La base était tellement mauvaise qu' il était quand même difficile de faire pire. Dans de telles conditions, on ne pouvait donc-pratiquement-que faire mieux. Mais ce qui compte c' est l' avenir. Or le marché n' est pas dupe.

 

Z-T : Le marché a t-il toujours raison ?

 

C. MARTINI : Le marché a raison plus que jamais. Il anticipe toujours, et plutôt fort bien. Il voit bien que la situation de la zone euro notamment, n' est plus tenable.

 

Z-T : Un retour sur les 3000 pts pour le CAC est-il de nouveau envisageable ?

 

C.MARTINI : Il n' est en tout cas plus à exclure. Et ce alors, qu' on n' y pensait même pas au début de cette nouvelle année 2010. Tout va vite, très vite. La visibilité économique est devenue nulle. Dans de telles conditions, il n' est donc absolumement pas étonnant que les marchés décrochent significativement.

 

Z-T : Les marchés anticipent toujours dit-on, mais qu' anticipent-ils actuellement  ?

 

C.MARTINI : Tout simplement la RECESSION !

 

Z-T : A ce point là ?

 

C.MARTINI : Oui. La récession est derrière la porte, tout le monde le sait.

 

Z-T : Etonnant quand on parlait encore de reprise il y a seulement quelques semaines ?

 

C.MARTINI : Qui parlait de reprise ? Les politiques uniquement, et à des fins populistes. Rien de plus. Les politiques ne font que de la politique, et essayent de gagner du temps en pensant-fort naivement-que les choses peuvent s' arranger par la suite comme par miracle. Mais il n' en est évidemment rien. La réalité reste bien plus forte.

 

Z-T : L' Euro est-il vraiment en danger ? Après tout, il n' est finalement pas si faible.

 

C.MARTINI : L' Euro est assurément en danger, même s' il n' est effectivement pas si faible. Mais encore une fois, il s' agit d' anticiper, et en la matière, force est de constater que la visibilité est nulle. Dans ce contexte, l' Euro peut donc très bien " sauter ", sur le papier tout du moins.

 

Z-T : Ne s' agit-il pas que de spéculation autour de l' Euro ?

 

C.MARTINI : Bien sûr que oui. Mais cela ne change rien. Ces attaques à l' endroit de l' Euro sont parfaitement cohérentes. Des " SOROS " ou des " PAULSON " ne décident pas un beau matin de " s' attaquer " à une monnaie ou tout autre chose par hasard. Dans la Finance, on ne s' attaque pas à quelqu' un en pleine forme, mais bien à un " malade ".

 

Z-T : Les agences de notations ont d' ailleurs été sérieusement montrées du doigt par rapport à tout cela, qu' en pensez  ?

 

C.MARTINI : Si vous êtes malade, vous pouvez toujours refuser de l' accepter, casser le thermomètre, dire que le médecin est un incapable, cela ne changera pas grand chose. Vous ne pourrez pas vous lever pour autant. Avec les agences de notations c' est exactement la même chose. De plus, tout le monde connaissait leur diagnostic depuis fort longtemps, politiques y compris.

 

Z-T : Les politiques étaient donc au courant ?

 

C.MARTINI : Bien évidemment. Ils ne pensent même qu' à ça. Mais encore une fois, il s' agissait de gagner du temps, en croyant que les choses allaient s' arranger comme par miracle. C' est toujours la même chose. Même si les agences de notations sont loin d' être irréprochables, on ne peut tout de même pas les accuser de faire leur travail. Ou alors il s' agit de ne pas consulter son medecin quand on sait qu' on est malade.

 

Z-T : Tout le monde se pose également la question de savoir comment un pays aussi peu représentatif-économiquement parlant-que la Grèce a t' il pu autant mettre le feu aux poudres.

 

C.MARTINI : La Grèce n' est que la partie visible de l' iceberg. Derrière, il y a l' Espagne, le Portugal ( dans une moindre mesure ), mais également l' Italie, et aussi la...France... Encore une fois, les marchés ne décrochent pas par le simple fait du hasard. Ils anticipent à " merveille " une situation qui ne cesse de se dégrader, et que les politiques ont préféré nier.

 

Z-T : Les politiques s' en sont pris une fois de plus aux SPECULATEURS, les accusant de tous les maux, une fois de plus. Il y a même eu une déclaration de " guerre " à leur endroit.

 

C.MARTINI : Il fallait comme toujours verser dans le populisme de bas étages pour essayer de gagner du temps. Tout ceci fait évidemment bien rire les concernés. Croyez vous franchement que " spéculateurs " vont se laisser impressionner par les propos démagogiques de trois politiques qui pataugent ? Il ne fallait surtout pas déclarer la guerrer aux spéculateurs. On ne déclare pas la guerre à une ennemi qu' on sait bien plus fort. C' est totalement suicidaire. Les marchés sont en train de faire payer très cher cette tentative d' intimidation de la part des politiques. Les intérêts ne sont absolument pas les mêmes, et il est vraiment illusoire, pour ne pas dire totalement naîf, pour croire un instant que les spéculateurs vont se racheter une conduite. Le monde de la Finance est quand même un peu plus complexe que cela.

 

Z-T : " Balancer " 750 milliards d' euros était-il nécessaire ?

 

C.MARTINI : Peut être. Mais il ne fallait pas le faire si vite. Alors que les pays de la zone euro ont mis un temps fou pour se décider à sauver la Grèce, voici qu' ils débloquent 750 milliards d' euros en un week-end. Il ne fallait donc pas s' étonner du phénomène spéculatif ayant eu lieu le 10 mai dernier, et par les mêmes spéculateurs qui avaient tué le marché les jours précédents bien entendu. En fait, depuis cette nouvelle " crise " financière, il n' y a que des " spéculateurs " sur les marchés. Les politiques leur demandent " juste " de changer de sens. Or, la siutation actuelle et à venir, les incitent bien à " jouer " la baisse.

 

Z-T : Angela MERKEL, a, " en solo " interdit la vente à découvert de certains produits dérivés, était-ce une bonne décision ?

 

C.MARTINI : Angela MERKEL a manifestement été très mal conseillée. Elle s' est précipitée sans vraiment comprendre la problèmatique. Mais comme pour les 750 milliards d' euros, Angela MERKEL a manifestement confondu vitesse et précipitation. Cette précipitation correspond cependant à une certaine logique. Quand on tarde à prendre une décision rapidement ( comme pour le sauvetage de la Grèce ), on est alors bien trop rapide pour prendre la suivante. Le plan des 750 milliards d' euros, et l' interdiction de vente à découvert, en sont une nouvelle fois la preuve.

 

Z-T : Suite à cette annonce, les marchés ont de nouveau paniqué.

 

C.MARTINI : Ce ne sont pas les marchés qui ont paniqué. Les marchés ne paniquent pas. C' est bien Angela MERKEL qui a paniqué. Elle lance un sordide signal : " je panique, soyez " gentils " sinon je sors mon bâton... ". Bien entendu face à ce type d' intervention, les marchés ne peuvent que " rire ". On apporte ainsi de l' eau à leur moulin en confirmant haut et fort que la situation est grave. Pas étonnant que les marchés décrochent alors encore de nouveau dans la foulée. En matière de Bourse, il ne faut jamais mettre de l' huile sur le feu, et ne jamais s' attaquer à bien plus fort que soi. Ce sont les marchés les plus forts. Les politiques doivent faire en sorte de les satisfaire, mais surtout pas de les combattre. Personne ne peut s' attaquer aux marchés. Personne.

 

Z-T : Dans le même registre, on montre sans cesse du doigt les " fameux " HEDGE FUNDS en accusant certains d' entre eux d' avoir même décidé de " tuer " l' Euro. Certains dirigeants de ces fonds spéculatifs se seraient même réuni autour d' une bonne table de NEW-YORK il y a quelques mois, en se disant : " Nous allons " tuer " l' Euro... ". Qu' en est-il vraiment  ?

 

C.MARTINI : Les dirigeants de HEDGE FUNDS n' ont pas besoin de se réunir autour d' une table pour se dire : " allez, on va attaquer l' Euro, qu' en pensez vous ? ", ou alors sous forme de boutade. En travaillant de la même façon, ils font implicitement les mêmes constats, en prenant donc les mêmes décisions au final. Ils sont là avant tout pour faire de l' argent. Les problèmes de l' Europe, et donc de l' Euro, ne datent pas d' hier. Il n' y a donc en aucun cas une forme de " complot " pour attaquer " quelqu' un " au hasard. Il s' agit de faire de l' argent. Il faut donc s' attaque au maillon faible. Mais la responsabilité du maillon faible reste politique. Après il s' agit juste à certains de jouer les " vautours ".

 

Z-T : Comment sauver l' Europe ?

 

C.MARTINI : L' Europe restera embourbée durant une longue période. L' opinion publique en a d' ailleurs parfaitement conscience. On n' efface pas d' un coup de baguette magique des decennies ( car il s' agit bien de cela ) de mauvaise gestion. Les politiques pensaient-fort naivement encore une fois-que la croissance à venir allait régler tous les problèmes, et qu' il n' était donc absolument nécessaire de maîtriser les déficits, et que l' endettement n' était finalement pas si problèmatique que cela. On voit aujourd' hui le résultat de cette gestion calamiteuse qui touche quasiment tous les pays de la zone Euro, sans même compter la Grande-Bretagne d' ailleurs. La seule réponse reste à présent la RIGUEUR avec un grand " R ". Mais encore une fois, certains, comme SARKOZY par exemple, vont préferer mentir à l' opinion publique plutôt que de la responsabiliser.

 

Z-T : Mais qui dit " RIGUEUR ", dit forcément " pouvoir d' achat " en baisse.

 

C.MARTINI : Evidemment. Et donc recession. C' est cela que les marchés anticipent si " bien ". La " reprise " n' est désormais plus à l' ordre du jour. La RECESSION est désormais sur toutes les lèvres, et l' opinion publique publique l' a senti avant même les politiques, ce qui en dit long.

 

Z-T : En France, plusieurs réformes sont cependant en " route " pour tenter de contrer la problèmatique économique, est la bonne façon d' agir ?

 

C.MARTINI : Les réformes, il fallait y penser avant. Bien avant. La réforme française de la retraite qui ferait d' ailleurs sourire si les conséquences à terme n' étaient pas si dramatiques. Pousser les gens à travailler plus, alors que dans le même temps le chômage des jeunes atteint des sommets, et que les plans de préretraite deviennent légion, a quand même quelquechose de totalement ubuesque. Les politiques marchent sur la tête.

 

Z-T : Merci à vous.

 

C.MARTINI : A votre disposition. Merci

 

LIRE AUSSI :

 

Camille MARTINI : " l' europe restera embourbée un bon moment... "

 

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 18:06

Camille MARTINI, 31 ans, est gérante à Genève. Après une première analyse de la situation mondiale à la fin juillet 2009, elle nous livre de nouveau sa vision des choses.

 

ZONE-TRADING : Le 31 juillet dernier, vous nous annonciez que le pire était derrière nous. Force est de constater que vous aviez raison. La crise était-elle finalement si " terrible " que ça ?

 

Camille MARTINI : Il suffit de descendre dans la rue pour s' apercevoir aisément que la situation reste très problèmatique quasiment partout dans le monde. Il s' agit assurément d' une des plus graves crises que le monde est connu. Personne ne peut  raisonnablement le nier.

 

ZONE-TRADING : N' a t' on tout de même pas fait un parrallèle un peu trop rapide et simpliste avec la crise de 1929 ?

 

C.M. : Les choses ne sont jamais vraiment comparables. On ne peut pas vraiment comparer la crise de 1929 avec celle de 2008, même si sur le fond il peut effectivement y avoir des similitudes. Les conséquences, apparentes tout du moins, ont quand même été plus problèmatiques en 1929.

 

Z-T : La crise était vraiment finie ?

 

C.M. : Celui qui ose affirmer ça est soit un menteur, soit un demeuré. La crise financière est certes derrière nous, mais la crise économique bat encore son plein. Nous sommes encore en plein dedans. Il va falloir du temps, beaucoup de temps pour qu' on puisse vraiment parler de sortie de crise.

 

Z-T : Les marchés ont pourtant fortement rebondi ?

 

C.M. : Les marchés ont toujours de l' avance. Dans un sens comme dans l' autre. Ils ont décroché bien avant que les choses se dégradent dans la réalité. Le rebond est donc tout à fait logique. Les marchés anticipent toujours, parfois plusieurs mois à l' avance.

 

Z-T : A terme, on peut donc cependant parler de reprise ?

 

C.M. : Les choses sont beaucoup plus complexes qu' il n' y parait. Il ne suffit pas de toucher un point bas pour régler définitivement le problème d' une crise. Le point bas signifie simplement que le pire a été atteint. Mais cela ne veut pas dire que le meilleur va survenir juste derrière. Encore une fois, il va falloir du temps. Notamment pour l' europe.

 

Z-T : Justement, les USA semblent être plus apte à rebondir que l' europe.

 

C.M. : Les Etats-Unis ont toujours su rebondir plus efficacement que le reste du monde, mais ATTENTION, cela ne veut pas dire qu' il en sera toujours ainsi. D' ailleurs, pour être tout à fait honnête, le rebond n' est pas aussi flagrant qu' on ne veut bien le dire. La reprise est certes là, mais elle reste fort timide, et le nouveau problème des Etats-unis, auquel ils n' ont jamais été vraiment confronté, c' est le chômage. C' est une sacré, et nouvelle problèmatique pour eux. Il n' est pas sûr que les USA retrouvent un jour leurs précédents taux de chômage qui correspondaient totalement au plein emploi.

 

Z-T : Le " plein emploi " en effet. La notion revient justement à la " mode ". Qu' en est-il vraiment  ?

 

C.M. : Au risque d' en décevoir certains, et notamment les politiques, cela reste un " doux " rêve, notamment, et surtout en europe. Si on prend par exemple le cas de la France, on voit mal de quelle manière le plein emploi pourrait être de nouveau effectif un jour. La manipulation des chiffres arrive d' ailleurs à ses limites, on le voit bien. Les dirigeants ne vont pas pouvoir se mentir longtemps.

 

Z-T : Faisons un tour d' horizon mondial si le voulez bien. Commençons par la Chine, où en est-elle ?

 

C.M. : La Chine ne va pas si mal. Bien sûr, elle a parfois besoin de reprendre son souffle de temps en temps, mais s' en tire plutôt bien, d' autant qu' elle reste dépendante des USA qui ne sont pas au mieux de leur forme. Avec la débacle de l' économie américaine, on aurait donc pu penser que la Chine aurait pu davantage souffrir, or elle maintient le cap. Ceci étant, il devient indispensable que la reprise américaine s' accélère pour que la Chine ne cale pas.

 

Z-T : Les Etats-Unis justement, de nouveau prêts à courrir ?

 

C.M. : Les américains vont toujours de l' avant, et finissent donc toujours par reprendre pied. Mais une fois encore, les USA sont confrontés quand même à une sacré problèmatique. A savoir la Chine justement. Elle reste son meilleur ennemi, mais les temps ont forcément changé avec ce nouvel acteur mondial. Reste que le système libéral, loin d' être parfait certes, peut permettre aux USA de reprendre le chemin de la course bien plus rapidement que l' europe.

 

Z-T : L' europe semble avoir encore de grosses difficultés non ?

 

C.M. : Assurément. Elle s' est de toute façon construite trop rapidement. Elle en paye aujourd' hui les conséquences. La Grèce, mais aussi l' Espagne pour ne citer qu' elles, montrent les limites du modèle européen. Ou plutôt du non modèle européen. Le modèle européen n' existe en effet toujours pas. Il reste très " brouillon " L' europe restera embourbée un bon moment. Il ne faut pas rêver. Et encore, heureusement que l' Allemagne est là. Imaginer une europe sans l' Allemagne ce serait comme un train sans locomotive.

 

Z-T : Que s' est-il passé en Grèce ?

 

C.M. : La Grèce a voulu jouer dans la cour des grands en vivant au dessus de ses moyens. Que fait la Grèce économiquement parlant ? Rien du tout. Elle n' a pas la moindre industrie. Son économie est basée sur rien. Le tourisme est le seul moteur de l' économie de ce pays qui n' avait pas grand chose à faire au sein de l' europe. Mais plus on est de fous, mieux c' est parait-il. On voit aujourd' hui le résultat.

 

Z-T : Dans le cas de la Grèce, la responsabilité est uniquement politique non ?

 

C.M. : Bien sûr. Et il n' y a pas que la Grèce. C' est bien la le problème. Mais dans le cas de la Grèce c' est vraiment flagrant. Cela va devenir un véritable cas d' école. Les politiques en place ont complètement déliré. Ils avaient des rêves de grandeurs, comme d' autres pays comme l' Espagne par exemple.

 

Z-T : Certains politiques ont accusé certaines banques américaines d' avoir " tué " la Grèce, qu' en est-il vraiment ?

 

C.M. : Les politiques font de la politique. Ils sont là pour trouver des responsables afin de calmer le peuple qui grogne. Comme depuis le début de la crise, les " méchants spéculateurs " ont donc été une fois encore, désignés. Mais la " mayonnaise " a désormais plus de mal à prendre auprès de l' opinion publique qui s' en laisse beaucoup moins raconter qu' il y a encore quelques mois. Les " belles " paroles de certains n' ont en effet pas été suivies d' effet. L' abstention aux dernières élections en est une première réponse.

 

Z-T : Passons à l' Espagne à présent, la situation s' est-elle améliorée ?

 

C.M. : Si avoir derrière elle le pire, alors oui. Mais soyons sérieux un instant. Il ne suffit pas que le pire soit derrière pour que la situation s' améliore significativement ensuite. L' espagne va mal. Très mal. Le " doux " rêve immobilier des politiques a tourner au chauchemar morbide. Le taux de chômage fait froid dans le dos, et la délinquance atteint des sommets, même si là-bas comme ailleurs, on essaye de dissimuler les chiffres pour ne pas effrayer encore plus le bon peuple. C' est désolant pour le peuple espagnol, mais l' Espagne n' a finalement que ce qu' elle mérite, et ce uniquement par la faute des politiques qui ont vraiment fait n' importe quoi, une fois encore.

 

Z-T : Comment va la Suisse après tous les scandales autour du secret bancaire notamment ?

 

C.M. : La Suisse a des problèmes. De gros problèmes structurels. Elle va devoir s' adapter, tôt ou tard, à un monde qui change, alors qu' elle pensait il y a encore peu qu' elle pouvait s' en affranchir. Elle n' a désormais plus vraiment le choix, et le processus contre le secret bancaire en est la preuve. La Suisse va devoir se remettre en question si elle veut s' adapter à son époque. Elle a trop vécu sur son petit nuage, et découvre aujourd' hui un monde qui a totalement changer. Elle ne va pas pouvoir résister longtemps.

 

Z-T : Pensez vous qu' elle devra un jour entrer dans l' union européenne ?

 

C.M. : Soyons honnêtes. Elle y pense déjà. Elle y a d' ailleurs toujours pensé. La crise a simplement accéléré la réflexion. Reste que l' europe actuelle ne peut pas convenir à la conviction Suisse. Ce n' est pas le moment. Ce serait ridicule, pour ne pas dire suicidaire. Elle le fera en tout cas par choix, si un jour elle le fait. Et non par pression. La Suisse a encore les moyens d' être indépendante malgré ses déboires. L' entrée dans l' europe n' est donc pas encore à l' ordre du jour. La Suisse doit avoir un intérêt certain à y entrer. Or aujourd' hui, ce n' est toujours pas le cas.

 

Z-T : Le " fameux " secret bancaire suisse est-il mort ?

 

C.M. : C' est un sujet hautement tabou. Les suisses, tout du moins ceux qui tirent leur épingle respective du jeu, ne veulent même pas en entendre parler. De nombreux reproches continuent d' ailleurs d' être faits aux instances dirigeantes qui n' auraient pas assez " résisté " aux pressions de la France notamment.

 

Z-T : Vous n' avez pas vraiment répondu à la question : le secret bancaire suisse est-il mort ?

 

C.M. : Peut-être pas totalement, mais il est en fin de vie, et franchement, il n' y a pas d' héritier à l' horizon. Les banquiers suisses savent bien qu' ils vont devoir travailler autrement. C' est assurément la fin d' une époque pour la Suisse. Reste à savoir si elle aura à le regretter un jour. L' histoire nous l' apprendra.

 

Z-T : On sent comme une pointe de nostalgie dans votre réponse...

 

C.M. : Le secret bancaire Suisse faisait partie intégrante de la Suisse, et quand une page se tourne on est forcément un peu nostalgique, même si on doit s' adapter à un monde qui change en permanence.

 

Z-T : Dans le même registre, les politiques de nombreux pays, SARKOZY en tête, ont crié haut et fort à la mort des paradis fiscaux. qu' en est-il ?

 

C.M. : Soyons très clair. Les paradis fiscaux ne sont pas morts. C' est même tout le contraire qui est en train de se produire. Dans l' ombre, ils reprennent sérieusement du poil de la bête, sous la pression des...entreprises du monde entier qui veulent optimiser au maximum la fiscalité de leurs profits. Les paradis fiscaux, au contraire du secret bancaire suisse, n' ont jamais été vraiment mis à mal. Les propos en rapport n' étaient que politiques, et destinés, une fois encore, à calmer la grogne du peuple. La fin des paradis fiscaux restent un doux rêve pour les politiques du monde entier qui seraient d' ailleurs bien inspirés de se poser la question fondamentale de leur éxistence respective propre. Tant que la fiscalité à l' endroit des entreprise, comme à celle des particuliers évidemment, ne sera pas adaptée, les paradis fiscaux existeront.

 

Z-T : Effectivement, contrairement au fantasme collectif de l' opinion publique, ce sont essentiellement les entreprises qui font appel à l' efficacité reconnue des paradis fiscaux.

 

C.M. : En effet. Il y a certes de nombreux particuliers fortunés, mais ce n' est pas la majorité.

 

 

 

RETROUVEZ PROCHAINEMENT LA SUITE DE CETTE INTERVIEW EXCLUSIVE !

 

Si vous aussi, vous êtes un acteur du monde financier en particulier, ou du monde économique en général, et que vous souhaitez apporter votre témoignage, faites vous connaitre.

 

A LIRE LA PRECEDENTE INTERVENTION DE CAMILLE MARTINI :

 

Camille Martini : " Il y a encore un potentiel de hausse "

 

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 10:17
Thomas Valais, 34 ans est Gérant de Fortune chez ABC CAPITAL à Genève. Il nous livre sa vision des choses. Il est notamment spécialiste des valeurs immobilières.



zone-trading : Alors, sortie de crise ?

Thomas Valais : Nous avons de bonnes raison de le croire, même si la " machine " économique ne va pas se remettre en route du jour au lendemain. Le pire semble être derrière nous.

Certains, de plus en plus nombreux d' ailleurs, parlent d' une crise " mascarade ". On aurait charger la mûle pour être plus compétitif

Si on regarde par exemple ce qui se passe au niveau des " grosses " banques américaines, on peut en effet se poser quelques questions. Plus de 50 banques régionales américaines ont fait faillite. Cela ne peut donc que profiter à certaines autres si vous voyez ce que je veux dire.

Pour prendre l' exemple de ces " petites " banques, les autorités américaines ne sont absolument rien fait, comment expliquez vous cela ?

Comme le faisait très justement remarquer un intervenant ici il y a quelques temps, on ne prête qu' aux riches.

L' opinion publique a du mal à comprendre les raisons de cette crise. Quelle est sa véritable origine ?

Au départ il s' agissait de faciliter l' accès à la propriété pour des ménages qui, sur le papier, ne pouvaient absolument pas y avoir droit. Les responsables politiques ont donc décidé d' ouvrir les vannes du crédit à risques. Les spécialistes du crédit hypothécaires notamment, se sont bien évidemment précipités sur ce nouveau marché qui promettait d' être très rénumérateur.

On ne prête pourtant pas qu' aux riches ?

Dans ce cas précis non. Bien au contraire. En fait les populations à risques sont très intéressantes.

Comment ça ?

Paradoxalement, un ménage modeste est bien plus intéressant qu' un ménage qui ne l' est pas. Il est en effet bien plus rénumérateur de placer un prêt auprès d' un ménage modeste. Les " pauvres " rapportent bien plus que les " riches ", sur le papier tout du moins. Comme nous avons pû le voir, le niveau des taux des " subprimes " étaient en effet astronomiques. Un emprunteur averti n' aurait jamais accepté un tel niveau.

D' autant que le système américain reste très permissif en la matière. On " vend " en effet un crédit, comme on pourrait vendre un aspirateur au pays de l' Oncle SAM

Oui effectivemment. Les américains restent des spécialistes pour faire feu de tout bois. Ailleurs, si vous souhaitez obtenir un prêt, il vous faut pousser la porte d' une banque ayant pignon sur rue. Aux Etats-unis, quelqu' un sonne chez vous, et vous propose un aspirateur, ou un...prêt hypothècaire. C' est aussi simple que cela, et on comprend mieux les dérives.

Les autorités américaines n' ont cependant toujours pas compris apparemment. Le " système " étant toujours à l' ordre du jour aux USA.

Rien n' a changé en effet. Il est toujours possible d' aller solliciter un ménage modeste pour lui proposer un prêt à taux démentiel. Rien n' a changé. Alors bien entendu, par la force des choses, les sollicitations des ménages modestes sont en période de calme plat, mais sur le papier rien n' a changé. Ce sera de nouveau possible demain.

Inquiétant non ?

Bien sûr. La responsabilité est avant tout politique, mais force est de constater que les politiciens, de tous les pays, sont complètement déconnectés des réalités économiques.

Soyons très clair pour nos lecteurs. Si un ménage américain modeste décide demain de demander un prêt hypothécaire pour acquérir une maison, il le peut ?

Rien n' a changé. Il le peut bien évidemment, et je vous invite à ce propos à aller sur les sites des spécialistes américains du crédit hypothécaire pour vous rendre compte que les conditions d' accès restent étonnement peu restrictives.

Cela paraît démentiel.

Ca l' est. Mais c' est toujours ainsi. Les choses ne changent jamais vraiment dans la vie.

A ce propos justement, on nous rabat les oreilles en permanence, en évoquant que le monde a changé, ou tout du moins qu' il va forcément le faire.

Les choses changent dans la continuité, mais pas de manière radicale. Il n' y a pas un " avant " et un " après ". Ces voeux pieux ne peuvent émaner que de personnes naives. La crise actuelle est un accident de parcours en fait.

Un " accident " de parcours qui coûte quand même très cher.

Très cher en effet, d' autant que le montant total de la facture n' est pas encore connu actuellement, et que personne ne sait encore comment et quand elle va être acquittée.

Revenons un peu sur ces fameux " subprimes ". Pour quelles raisons les ménages à risques sont-ils si intéressants ?

D' une part, comme signifié un peu plus haut, parcequ' ils rapportent beaucoup, mais en étant finalement pas tant à risques que cela, mais en théorie uniquement.

Les taux supérieurs à la moyenne permettent de se prémunir contre le risque ?

Oui bien sûr. Mais c' est un peu plus compliqué que cela en fait. Quand vous prêtez de l' argent à une personne modeste, il est normal que le coût de l' argent soit plus cher que pour une personne qui a les reins plus solides. Mais là on a vraiment dépassé les bornes. Le coût de l' argent était vraiment excessif, et sans rapport avec le risque initial, mais une fois encore, sur le papier, pas dans la réalité.

Quel était le raisonnement des spécialistes du crédit hypothécaire  ?

Fort simple. Prêtons de l' argent ( cher ) aux revenus modestes, en chargeant vraiment la barque, c' est à dire en se rénumérant bien plus que de raison sur le risque, en se justifiant justement avec ce même risque. Sans qu' en fait il y ait vraiment de véritable risque à l' arrivée.

Comment ça " pas de véritable risque à l' arrivée " ?

Sur le papier, quand vous faites un prêt hypothécaire à une personne modeste pour qu' elle devienne propriétaire, vous ne prenez en fait pas grand risque, pour la bonne et simple raison, qu' au pire des cas, vous allez " récupérer " son bien immobilier. Mais il s' agit d' une théorie sur le papier, or, dans la réalité, les choses ne se passent jamais comme sur le papier.

On revient donc à cette logique que le marché immobilier ne peut que progresser.

Exactement. Tout le monde y croit toujours. Cela recommencera un jour ou l' autre. Vous verrez.

Donc, résumons un peu pour nos lecteurs : une société X de prêts immobiliers prêtent donc de l' argent cher, même très cher, à des ménages modestes, en se disant qu' en cas de défaillance éventuelle des intéressés, il lui suffira de récupérer le bien financé. Le risque est alors nul, et dans l' absolu, la defaillance peut donc même devenir une bonne affaire pour la société en question.

Exactement. Sauf que. Sauf que si le taux de défaillance est dérisoire, c' est évidemment intéressant. Mais quand le taux de défaillance atteint des proportions astronomiques, comme ce fût le cas, c' est évidemment la catastrophe. Vous pouvez en effet récupérer tous les biens que vous voulez, vous ne parviendrez plus à les vendre. Il n' y aura plus d' acheteurs en face, et loi de l' offre et de la demande oblige, la dépréciation sera alors massive.

Tout pourrait recommencer un jour ou l' autre ?

Tout recommencera un jour ou l' autre.

La " solution " consisterait alors à ne prêter qu' aux riches ?

Oui. En théorie tout du moins. On entre alors dans le grand débat de fond sur le capitalisme.

Comment se fait-il tout de même que tout le monde se soit engouffré dans cette brèche sans réfléchir une seule seconde sur les éventuelles conséquences ?

Tout simplement parcequ' il y avait des " dollars " à faire. L' argent rend aveugle.

Le monde n' a donc pas changé ?

Le monde change dans la continuité, mais l' homme ne change jamais. Mais s' il ne change pas, c' est peut-être tout simplement une question de...survie. L' être humain reste un angoissé, et fait donc les choses pour survivre. Et pour survivre, il faut parfois " manger " son semblable.

Pourquoi selon vous, les " capitalistes " accumulent t-ils autant de richesses sans réel désir de les partager ?

Encore une fois pour une quesiton de survie. Plus vous êtes angoissé, plus vous allez accumuler.

Les capitalistes seraient donc de grands " angoissés " ?

Je vais vous donner un exemple très précis. J' ai parmi mes clients un homme de 78 ans qui possède, tenez vous bien, pas moins de 47 appartements sur le bassin genevois. Il vit pour sa part dans un appartement somme tout assez modeste. Il possède en outre un portefeuille de placements financiers largement assez fourni. Cette année, en 2009 donc, et dès le premier jour de l' année, il me téléphonait chaque jour à 9 heures pour savoir qu' elle serait la tendance du jour. Pendant quelques semaines je lui ai répondu courtoisement, sans savoir qu' il possédait autant d' actifs immobiliers. Etant donné la situation du moment, son " angoisse " concernant ses placements financiers pouvait donc être légitime. La situation s' aggravant, son angoisse prenait des proportions inquiétantes. J' ai donc proposé à ce monsieur de me rendre visite. J' ai alors découvert un homme térriblement angoissé, malheureux. me disant que le coût de la vie augmentait sans cesse. J' ai tenté de rassurer ce brave homme, et après l' avoir racompagné, j' ai croisé un de mes collègues en lui disant : " pauvre type, ça fait de la peine, espérons que le marché remonte ". Mon collègue s' est alors mis à rire en me disant : " tu sais combien ce bougre pèse ? Il a la moitié de la ville ". J' avais du mal à y croire mais c' était vrai. J' ai reconvoqué ce monsieur, et lui ait presque passé un savon, en lui demandant ce qu' il en était. Il me dit alors qu' il avait effectivement 47 biens immobiliers sur le bassin genevois. Je lui signifie alors qu' il n' avait alors aucune raison de s' angoisser par rapport à la dépréciation de ses placements financiers, qui représentait une valeur totalement dérisoire par rapport à celle de ses actifs immobiliers. A ma grande stupéfaction, il me dit alors : " je déteste le capitalisme, il m' a rendu fou et malheureux ". En " creusant " un peu, je me rend compte que ce " brave " homme est en froid avec ses enfants, et que son épouse ne supportait plus ses angoisses et qu' elle a préféré partir depuis bien longtemps. Il m' évoque alors le fait qu' étant jeune, marié, il ne parvenait même pas à payer son modeste loyer, mais qu' il était finalement heureux, et bien moins angoissé à cette époque. Il m' avoua alors que toute sa vie avait été construite afin de pallier à ses angoisses. En forme de boutade, mais peut-être pas tant que cela, il me lança : " il devrait y avoir une loi interdisant de posséder plus de 2 ou 3 biens immobiliers ". Et régulièrement, il me téléphone en me disant : " vous avez vu, le marché immobilier s' écroule à Genève... "

L' être humain reste en effet sujet à l' angoisse, rien ne changera à ce niveau là.

Oui. L' homme accumule pour pallier à ses propres angoisses existentielles.

Merci pour cette entretien.

C' est moi qui vous remercie. Au plaisir.


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Amandine Rochet, gérante de fortune







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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 15:24
Brice Lombardini, 33 ans, est Gérant chez Century Financial à Genève. Il nous livre sa vision actuelle du marché. Notamment spécialiste des marchés actions français, il gère à lui seul plusieurs millions de francs suisses sous mandat.




zone-trading : le marché a touché à plusieurs reprises les 3500 pts, est-ce la fin de la crise ?

Brice Lombardini : peut être la fin de la crise financière, mais certainement pas de la crise économique. Il va encore falloir du temps, beaucoup de temps.

Pourtant de nombreuses banques ont affiché de respectables bénéfices

Oui, mais il s' agit essentiellement de revenus liés aux activités de trading. La banque de détail reste sérieusement à la traîne.

Voyez vous tout de même les " gros " clients revenir en ce qui concerne la gestion sous mandat ?

Oui, mais il parait bien hâtif d' en tirer des conclusions. Nous bénéficions en effet de la désaffection de la clientèle de certaines grandes banques

Telle UBS notamment ?

Oui, effectivement.

A ce propos, une " anecdote " circule. De nombeux clients d' UBS, américains notamment, se seraient fait remercier par cette dernière, en se retrouvant donc à " traîner " dans les hotels genevois avec leurs valises de billets en attendant de trouver des établissements financiers qui veuillent bien les accueillir, c' est vrai ?

Je n' ai pas pour habitude de commenter les rumeurs, qui restent monnaie courante dans notre milieu. Après, on peut toujours dire qu' il n' y a peut être jamais de fumée sans feu.

Plus " personne " ne veut de la clientèle d' UBS paraît-il

Au moment de la tourmente probablement, mais avec le temps on trouve toujours des solutions.

Pour vous, le 9 mars c' est le point bas ?

Probablement, mais il faut toujours faire attention en matière de Bourse. Ne crions pas victoire trop vite.

Nous venons d' assister encore un à un superbe rally, qu' en pensez  ?

Un certain nombre d' acteurs reviennent peu à peu sur les marchés actions après avoir favorisé l' obligataire. Il est donc logique que le marché se reprenne, d' autant que nous avons également pû apprécier d' intéressantes publications, mais la prudence reste de mise. Ne nous emballons pas trop vite.

Pensez vous qu' il puisse opportun d' investir actuellement pour l' investisseur " lambda " ?

Il faut faire attention. On pourrait même être tenté de dire que c' est déjà un peu tard. Il est toujours dangereux de se placer en période d' euphorie. Il vaut donc mieux attendre le point bas d' une consolidation pour se placer, en prenant soin de diversifier son portefeuille de manière optimale.

Trouvez vous le cours actuel des valeurs intéressant ?

Les valeurs ne sont pas spécialement bon marché, même si elles peuvent le paraître à certains égards.

Quand voyez vous la " véritable " sortie de crise ?

Bien malin qui peut le dire. Je ne me risquerais donc à aucun pronostic. Toujours est-il que cela peut prendre du temps. Beaucoup de temps.

Pourant, certains " spécialistes " l' évoquent déjà

Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs. On peut donc dire tout et n' importe quoi.

Pour vous, le bout du tunnel est donc encore loin ?

Apercevoir une lumière au loin ne veut aucunement dire qu' il s' agit de celle de la sortie. Il peut en effet s' agir de celle d' un " refuge " intermédiaire.

Quelle est l' ambiance du moment vous concernant ?

Nous restons très attentifs, et donc quelquepeu méfiants. Au point de vue de l' économie réelle, on voit encore bien que la situation reste particulièrement préoccupante. Personne ne peut le nier. On risque d' entendre le mot " CRISE " pendant encore un bon moment. Il ne faut pas se faire trop d' illusions.

Vous semblez quelquepeu pessimiste, notamment comparativement à certains de vos collègues

Je dirais plutôt objectif. Après c' est l' histoire de voir la bouteille à moitié plein ou à moitié vide. Je préfère rester néanmoins prudent. En s' attendant au " pire ", on ne peut ainsi être déçu à l' arrivée. Si tout rentre dans l' ordre plus vite que prévu, ce sera alors une agréable surprise d' autant plus appréciable pour tout le monde.

Peut-on changer le " système " afin d' éviter une autre crise à l' avenir ?

Fondamentalement NON. Je n' y crois pas un instant. Les crises font de toute façon partie de la vie. Dans un couple, tout le monde traverse des crises. Elles sont inévitables. Après, il est toujours possible d' améliorer les choses, mais vous ne parviendrez pas à changer votre partenaire de manière fondamentale. Dans tous les autres domaines c' est la même chose.

La polémique fuse à nouveau concernant les TRADERS. Qu' en pensez vous ?

Je ne fais pas le même métier que les TRADERS que je respecte. Je ne peux donc apporter de jugement les concernant. Il convient néanmoins de préciser qu' ils font un métier qui reste très difficile.

En tant que gérant, combien gagné vous ?

Mon salaire est composé d' un fixe, plus une part variable. Au final, je gagne environ 12 000 francs suisses par mois ( environ 8000 euros ), avec de nombreux avantages à la clé, tel l' hébergement à tarif très préférentiel.

Etes vous satisfait de cette rénumération ?

Je ne pense pas à avoir trop à me plaindre, même si certains de mes collègues peuvent gagner bien davantage.

On est quand même loin des salaire des TRADERS, non ?

Oui bien sûr. Mais il n' y a quand même pas que des TRADERS qui touchent des millions.

Vous évoluez quand même dans un métier de " requins ", n' est pas trop dur à gérer au quotidien ?

En tant que Gérant, ce n' est quand même pas tout à fait la même chose. Cela reste largement acceptable.

Le capitalisme a t'il trouvé ses limites ?

Vaste et intéressante question évidemment. Y répondre à un instant paraît cependant bien délicat. Il ne faut cependant pas voir le capitalisme comme étant la panacée absolue. On peut s' apercevoir qu' il a en effet de nombreux défauts, mais il reste quand même beaucoup plus efficace que le communisme, c' est le moins que l' on puisse dire.

Le communisme semble pourtant revenir à la " mode "

Oui. C' est inquiétant, même si dans l' absolu cela n' a rien de vraiment étonnant. Les " gens " ont dû oubler les catastrophes liées aux différents régimes communistes, ou alors ne l' ont jamais sû.

Pensez vous que les peuples peuvent se révolter ?

C' est toujours possible, mais très honnêtement je ne pense pas. Les gens me paraissent " fatigués " et surtout résignés. Ils acceptent peu à peu le " système " actuel.

Pourquoi selon vous ?

Car ils n' ont pas le choix. Il faut bien qu' ils s' occupent de leur propres intérêts, en faisant en sorte d' avoir quelquechose dans leur assiette le soir arrivé. Ils ont manifestement d' autres chats à fouetter que de se poser des questions, même s' ils s' en posent quand même au fond d' eux mêmes.

La société est devenue individualiste au fil du temps. C' est devenu l' ère du chacun pour soi.

Chacun pour soi, et Dieu pour personne comme disait un ami. C' est vrai. C' est un fait. Mais c' est d' une logique implacable. Les gens ont tout simplement peur. Pour eux, pour leurs enfants. Ils se replient donc sur eux mêmes.

La crise a rarement été aussi violente, et pourtant la " gauche " ne parvient pas à tirer son épingle du jeu. Etrange paradoxe non ?

La gauche a toujours une attitude passive, où qu' elle se trouve. Elle dénonce un système mais n' a aucune autre alternative. Parler c' est bien, mais agir un minimum c' est mieux. De plus, la droite a toujours une image plus dynamique, et en temps de crise on préfère toujours le dynamisme à la passivité, c 'est plus rassurant, même si ce n' est pas forcément plus efficace à l' arrivée.

Crise financière, économique, sociale, et politique non ?

Oui, crise politique évidemment. Personne n' est dupe. L' opinion pense que le système politique est pourrie, mais sait très bien qu' il n' y a pas d' autres alternatives. Sinon c' est l' anarchie.

A une époque, pas si lointaine, on parlait de mondialisation " heureuse ", on en est loin.

Une fois de plus, les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Ceux qui ont sorti de telles inepties vivaient assurément dans un autre monde. La mondialisation ne peut pas être heureuse. C' est même tout le contraire.

Pourquoi ?

Il se trouvera toujours un pays où fabriquer une paire de chaussures coûtera bien moins chère que dans un autre.

Un monde " meilleur " n' est-il donc pas possible ?

Je crois, hélas, qu' il va falloir attendre un peu, même si les choses s' améliorent toujours peu à peu. Mais inévitablement on regarde la pelouse du jardin de son voisin, et on a l' impression, souvent justifiée il faut bien le dire, qu' elle est bien plus verte que celle du sien

En vous remerciant, bonne continuation.

Merci à vous.


Si vous aussi, vous êtes un acteur du secteur de la Finance, venez en parler en nous contactant.


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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 08:54

Marc Duvalier. 29 ans, est TRADER dans une grande banque suisse. Il tenait à s' exprimer sur la polèmique du moment.

zone-trading : vous en prenez à nouveau pour votre " grade " en ce moment.

Marc Duvalier : Nous commençons à en avoir l' habitude, même si c' est toujours un peu déplaisant.

D' où venez vous ?

A la base je suis français. J' ai commencé ma carrière à Londres, ville de la Finance par excellence, et je travaille à présent en Suisse depuis un an.

Il reste énormément de " fantasmes " autour du métier de TRADER, pouvez vous expliquer ce métier en quelques mots ?

Le TRADER est un spécialiste de la Finance qui intervient sur une multitude de marchés. Certains font du trading sur les actions bien évidemment, mais cela peut-être sur les produits dérivés, les matières premières, ou plein d' autres choses. Certains font en effet du trading sur le...porc. Tout se trade au final. Un TRADER achète ou vend un produit à un moment donné en essayant de faire une plus-value pour le compte de son employeur, ou même pour son propre compte dans certains cas.

Vous êtes en quelque sorte des commerçants ?

Oui, c' est une façon de voir les choses. Nous achetons un " produit " à un certain prix, dans le but de le revendre à un prix supérieur.

Dans la tête des gens, TRADER rime cependant avec " FRIC " et " FRIME "

Je ne suis pas dans la tête des gens, et ne peut donc pas vous répondre de manière fiable. Nous ne cachons cependant pas que l' argent nous intéresse. Il ne faut en effet pas oublier que cela reste le nerf de la guerre. Nous sommes là pour faire de l' argent. C' est le coeur de notre métier. Pour le reste, vous connaissez beaucoup de gens qui n' aiment pas l' argent ? Moi j' en connais pas.

Comprenez vous cependant que les " braves " gens qui rament au quotidien puissent être un peu écoeurés quand ils entendent sans cesse parler de bonus ou autres parachutes dorés ?

Tout d' abord, ne confondons pas tout. Les bonus dont vous parlez, n' ont strictement rien à voir avec la parachutes dorés. Les parachutes dorés sont des assurances en cas de crash pour un dirigeant d' entreprise. Peu importe les résultats. Un dirigeant peut avoir coulé sa " boîte " et se voir doté d' un magnifique parachute doré pour atterrir dans les meilleures conditions. A ce propos, et sans vouloir défendre ceux qui en bénéficient, il est important de savoir que les parachutes dorés en question sont négociés en parfait accord avec tous les représentants de la société en question à un moment donné, ainsi qu' avec les actionnaires bien entendu. Il me paraît donc inopportun de critiquer ce mode de rénumération quand tout le monde est finalement d' accord.

Nous sommes d' accord, mais encore une fois, comprenez vous que cela puisse " choquer " l' opinion publique ?

A ce moment là tout est choquant. Je trouve personnellement plus choquant les sommes astromiques déboursées pour se payer un joueur de foot ou une star de cinéma. Rien de justifie de telles dérives. Qu' apportent un joueur de foot ou une star de cinéma pour la société ? Franchement rien du tout. Après d' un point de vue économique, indirectement, cela peut en effet rapporter du profit, et donc créer de la richesse, comme le font les TRADERS.

Revenons justement au bonus. Que représentent-ils vraiment ?

Soyons très clair là dessus, car on entend vraiment n' importe quoi en ce moment. Les bonus correspondent à une récompense suite à de bons résultats fournis. Une personne qui n' est pas capable de dégager du " cash " pour son employeur, ne touche pas le moindre bonus. Il semble qu' il y ait vraiment un énorme malentendu à ce propos. Les " gens " pensent en effet que nous touchons des bonus quoiqu' il advienne. C' est évidemment faux. Les bonus ne sont en aucun cas des parachutes dorés. Il faut bien faire la distinction.

Certains, nombreux, trouvent effarant, que de " jeunes merdeux " comme ils disent, puissent toucher des sommes aussi astromiques en tant que TRADER, que leur répondez vous ?

Que voulez vous que je vous dise. Je ne vais en tout cas pas pleurer. Mais si cela peut rassurer certains, tous les TRADERS ne gagnent pas des millions. Il y a des TRADERS qui ne touchent " que " 4 ou 5000 euros par mois.

On vous trouve " arrogant ", à la limite du détestable, pourquoi tant de " haine " à votre avis ?

Là vous parlez d' un phénomène bien français. M' étant expatrié depuis pas mal de temps, je ne ressens pas les choses de la même manière ici.

Même dans des pays comme la Grande-Bretagne, pourtant libéraux, la " grogne " du " peuple " a été bien présente. Ce n' est pas la même chose en Suisse ?

Probablement, mais c' est plus sous-jacent.

Oui, donc dangereux non ?

La capacité de révolte reste quand même limitée, ici comme ailleurs.

Les lecteurs ne le voient pas, mais vous dites cela avec une pointe d' arrogance, et un sourire carnassier, une vraie marque de fabrique des TRADERS ?

( Eclat de rire ) Oui peut-être...

Vous ne cherchez pas vraiment à vous faire des " copains " donc ?

Pas vraiment non.

N' y a t' il pas un risque à rester enfermer dans une bulle de cette manière ? La vie c' est quand même-aussi-s' ouvrir aux autres non ?

Je n' en ressens pas particulièrement le besoin. Et vous savez, ce sont toujours les mêmes qui font le premier pas. Si je vais au camping du coin, ce sont les autres qui vont me rejeter, et non ma personne, donc au bout d' un moment ça va bien comme ça.

Vous pensez faire partie d' un autre monde ?

Nous faisons partie d' un autre monde. L' échelle de valeur n' est pas la même. Un TRADER peut  gagner en une seule séance ce que peut gagner un cadre en une année. Tout est là.

Personnellement combien gagnez vous ?

En 2008, j' ai gagné en moyenne environ 230 000 francs suisses par mois, fixe et bonus compris bien entendu.

Vous dites cela dans la plus totale décontraction, comme si c' était normale. Comprenez vous que cela puisse choquer ceux qui vont vous lire ?

Moi je trouve cela parfaitement normal. Nos bonus n' ont rien d' indécents. Cette rénumération correspond aux performances fournies par ma personne. Performances qui ont beaucoup rapporté à mon employeur. Cet argent je ne l' ai pas volé. Je pense donc le mériter totalement.

Gagner 150 000 euros par mois, pendant que certaient n' arrivent pas à boucler leur fin de mois, n' est ce pas cela l' indécence ?

Ce n' est pas moi qui est fait le système. A ce moment là, quand un chanteur, un footballeur, ou un acteur gagne de l' argent, il faut alors aussi crier au scandale. Pour le reste, il faut s' adresser aux politiques. Ce sont eux, et uniquement eux qui créent la précarité en autorisant par exemple le travail dominical. Et n' oublions pas que nous ne sommes pas à ce niveau par hasard. Nous avons fait des études, et ne comptons pas nos heures. Pour le reste, c' est la juste récompense de nos compétences. Je ne vois vraiment pas où est le problème.

SARKOZY, pour ne citer que lui, a un " énorme " problème avec vous, comment l' expliquez vous ?

Tout le monde connait l' histoire. SARKOZY avait été invité par la direction d' une grande banque française à visiter sa salle des marchés. La direction, tout fière, a alors notamment évoqué les rénumérations des TRADERS, en évoquant une fourchette de quelques milliers d' euros à plusieurs millions. SARKOZY a alors vu rouge. Que des " merdeux " touchent des salaires aussi significatifs lui est complètement resté en travers de la gorge. Si ce n' est pas de jalousie, dites moi ce que c' est.

Aimez vous votre métier ?

C' est une véritable passion. Oui j' aime mon métier.

Dites vous encore que vous êtes TRADER en société ?

On m' a fortement conseillé d' éviter, et après une petite résistance, j' ai effectivement admis qu' il n' était pas forcément utile de l' afficher.

Parmi les commentaires des TRADERS interviewés ici, de nombreux propos étaient injurieux à votre endroit. La " haine " est palpable. Trouvez vous cela démesuré ?

Assurément, et inquiétant de plus. Mais cela ne m' étonne pas vraiment, dans la mesure où certains, tels les politiques par exemple, soufflent sur les braises.

On parle également souvent de votre égo totalement surdimensionné, qu' en est t-il ?

Il s' agit d' un cliché. Nous sommes des gens normaux.

Avec des salaires pas vraiment normaux non ?

Nos salaires sont en rapport avec nos compétences et nos performances.

Que faites vous du partage des richesses ?

Je m' y emploie chaque année en faisant un gros chèque au fisc, et ne suis toujours pas convaincu qu' il soit bien utilisé.

La polèmique du moment n' a donc pas lieu d' être selon vous ?

L' été, il n' y a pas grand chose à " gratter " pour les journalistes, et tout ce qui à un rapport avec l' argent les excite. Cette polèmique est ridicule et n' a donc effectivement pas lieu d' être.

Le monde n' a pas changé selon vous ?

Le monde évolue en permanence, mais ne change pas vraiment. L' être humain reste ce qu' il est.

Assumez vous votre statut de "requin " ?

Parfaitement, et comme vous dites, c' est une véritable marque de fabrique. Nous l' assumons totalement et ce n' est pas grave si cela peut en déranger certains.

Peut-on changer le monde selon vous ?

Nous allons être de plus en plus nombreux sur cette bonne vieille planète terre. C' est mathématique que de nombreux individus vont restés sur le carreau. C' est mathématique et fatal.

Peut-on " moraliser " le capitalisme ?

Désolé, mais je ne comprends pas cette question.

Etes vous choqué par certaines choses dans notre société actuelle ?

Choqué est peut-être un grand mot, mais je trouve que certaines choses ne sont pas vraiment normales.

Comme  ?

Par exemple : faire travailler les gens le dimanche, alors qu' on sait bien que le secteur de la grande distribution et du commerce à une forte tendance à sous-payer son personnel. Vous noterez que c' est une " belle " idée politique encore une fois. C' est cela la vraie honte. Payer des gens au smic, en sachant que la moindre studette est à 400 euros, c' est cela la honte absolue.

On vous accuse de tous les maux, et justement d' avoir créer la crise économique et sociale.

Les seuls responsables sont les politiques. Mais seulement, ces " gens " sont des lâches absolus qui ne veulent aucunement admettre les erreurs monstrueuses qu' ils font depuis des siècles. Ce sont eux seuls les responsables. Personne ne peut dire le contraire.

Sommes nous dans une société du : " marche ou crève " ?

Exactement.

A ce " jeu " là, les faibles crèvent non ?

Oui, mais c' est la nature comme le disait justement un de mes collègues ici même ( Charles Goussard, TRADER : " rien n' a changé, fort heureusement..." ) Personne n' a les moyens de refaire le monde.

Les moyens ou l' envie ?

Les deux. Il y aura toujours des gagnants, et donc des perdants.

Les TRADERS roulent souvent dans de superbes voitures de sport, que pensez vous de la pollution ?

Soyons clair, une voiture de sport fait beaucoup moins de kilomètres chaque année que la voiture de monsieur " tout le monde ", donc mathématiquement, elle pollue beaucoup moins. De plus, les constructeurs de voitures de sport ont fait des progrès considérables en la matière. Ces dernières n' ont jamais aussi peu pollué.

Mais au niveau mondial, que peut-on faire pour la planète ?

Il faudrait déjà s' occuper des pays qui sont réellement pollués au lieu de " balancer " des taxes dans des pays développés où la pollution est loin d' être problèmatique. Allez faire un tour en Inde, à Mexico, ou en amérique du sud, c' est là qu' est l' urgence, et pas ailleurs. La pollution dans ces pays est un stade particulièrement avancée mais tout le monde s' en"  tape ". Mais tout le monde sait bien que c' est chacun pour soi. Les pays riches se moquent éperdument de la pollution à Mexico par exemple. Ceux qui parlent feraient mieux de se bouger un peu et d' aller voir un peu ce qui se passe de dramatique à travers le monde.

Le débat avance, il n' y a pas que l' argent qui vous intéresse

Nous ne passons pas nos vies à sortir nos FERRARI et à se regarder dans notre miroir. Nous sommes également capables de raisonner sur ce qui se passe en général.

Quelle est l' origine de cette crise selon vous ?

Le problème est politique avant tout. Certains politiques, tel BILL CLINTON, pour ne pas le citer, ont décidé un beau jour que les gens à revenus modestes, devaient aussi avoir la possibilité de devenir des...capitalistes, à savoir des propriétaires. Sur le papier, ne lui jetons cependant pas la pierre, l' idée était plutôt " noble ". Mais la réalité est toujours plus forte que tout, et ce fût la catastrophe que l' on connait actuellement.

Pourquoi cela ne marche jamais ?

En Bourse, on a coutume de dire que " les arbres ne montent jamais jusqu' au ciel ". Pour l' immobilier c' est la même histoire. Les " gens ", et les politiques surtout, pensent-fort naivement-que l' immobilier ne peut que monter, et que les propriétaires, aussi modestes soient-ils au départ, ne peuvent donc que s' enrichir au fil du temps, en faisant donc marcher la machine " consommation " qui reste le moteur essentiel de l' économie dans de nombreux pays.

Un " propriétaire " consomme donc plus qu' un " locataire " à revenus similaires ?

Exactement. Au fil du temps, sur le papier tout du moins, un propriétaire d' un bien immobilier à l' impression de s' enrichir chaque jour un peu plus quand tout va bien. Il consomme donc plus. Pour le politique c' est donc le top. Mais quand tout va mal, c' est évidemment l' inverse. Le " propriétaire " ne consomme plus car il s' appauvrit de jour en jour. Ce système, que SARKOZY voulait d' ailleurs mettre en place, ne fonctionne jamais. L' Espagne, qui a tout basé sur cette théorie " fumeuse " est aujourd' hui au plus mal. Ce système ne fonctionne jamais car, comme toute chose, l' immobilier est soumis à des cycles de croissance et décroissance classiques.

Comment faire pour pallier à ce problème alors ?

Sur le papier ? C' est tout simple. Il " suffit " d' augmenter les revenus afin que les ménages modestes puissent devenir... moins modestes, et donc devenir propriétaires sans se mettre en danger. Le vrai problème est là. Les politiques ont mis en place ce plan de " subprimes " car de nombreux ménages n' avaient évidemment pas les moyens car le système de fond fait que leurs revenus respectifs restent faibles. Le problème majeur est là et pas ailleurs. On ne peut pas inciter une caissière sous-payée à devenir propriétaire sur le seul espoir que la hausse de l' immobilier va lui permettre de combler la faiblesse de ses revenus. Cela ne marche pas, car encore une fois, l' évolution de l' immobilier répond à des cycles classiques de hausse et de baisse.

Les établissements prêteurs, donc les banques, ont quand même profité de ce système boîteux non ?

Bien sûr. Mais à la base le problème reste politique. Il fallait mettre des garde-fous pour ne pas que la machine de s' emballe et que les banques ne " proposent " pas des prêts à taux variable et totalement excessif au regard du profil à risques des intéressés. Si demain vous prêtez de l' argent à votre voisin à un taux variable de 40 % et qu' il accepte, rien ne vous en empêche. Il n' y a aucune loi qui limite les taux d' intérêt d' un crédit. On voit d' ailleurs bien à ce propos les dérives des organismes financiers ( qui appartiennent aux grandes banques ) qui n' hésitent pas à proposer des taux de crédit à 15, 20 %, voir même plus, à des populations à revenus modestes. Ce n' est pas le TRADER qui va demander un crédit à 20 %, mais bien la caissière du coin.

Les TRADERS ne sont donc pas responsables de la crise actuelle ?

Il faut une fois pour toutes arrêter avec ce vieux fantasme. Nous ne " tuons " pas les marchés. Ils s' auto-détruisent eux mêmes lorsque les mauvaises décisions ont été prises auparavant. Un marché ne " dégueule " pas quand l' économie tourne bien, tout comme un marché ne monte pas aux arbres quand l' économie est au tapis. Il n' y a jamais de hasard dans la vie. Après, à la manière des politiques qui ne prennent jamais leurs responsabilités, on peut toujours essayer de casser le thermomètre. Mais cela ne changera évidemment rien à l' état du malade. Bien au contraire.

 "Cracher " sur les TRADERS, ne serait donc qu' une stratégie politique destiné à calmer le " bon peuple " ?

Exactement. Notre image sulfureuse facilite bien les choses pour les politiques. De plus nous sommes une minorité. Il n' y a pas de voix à gratter de notre côté.

Avouez quand même que vous ne faites rien pour vous " racheter " une conduite

Oui, peut être. Nous sommes là pour faire de l' argent, et il est peu probable que nous puissions changer notre image dans un monde qui crache sur l' argent, mais qui-paradoxalement-en rêve...

Ce sera le mot de la fin. Merci à vous.

C' est moi qui vous remercie.



Si vous aussi, vous être un acteur du secteur de la Finance, et que vous avez des choses à dire, contactez nous !

A LIRE EGALEMENT :

Marie N., TRADER : " Nous en avons assez de cette vindicte ! "

Charles Goussard, TRADER : " rien n' a changé, fort heureusement..."

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Amandine Rochet, gérante de fortune


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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 08:09
Marie N., 31 ans, TRADER chez UBS à Genève, s' exprime autour de la nouvelle polèmique concernant la rénumération des TRADERS.

zone-trading : le lynchage médiatique est de nouveau à l' ordre du jour à votre endroit. Que vous inspire cette énième polèmique ?

Marie N. : Franchement nous en avons assez d' être montrés du doigt en permanence, à fortiori par des gens qui ne connaissent rien à notre métier. Nous en avons assez de cette vindicte. A force cela devient vraiment ridicule. Je ne vois pas l' intérêt de rebondir une fois de plus la dessus, à part pour faire du sensationnel évidemment.

L' opinion publique pense qu' elle est la seule à payer et que rien n' a changé pour vous. Que les erreurs du passé n' ont pas été pris en compte dans votre comportement

De quel comportement parlez vous ? Nous travaillons et effectuons un travail plutôt stressant, et nécessitant de véritables qualités. Nous ne sommes pas là par hasard. Ce n' est pas la banque de détail qui permet actuellement de faire faire des bénéfices aux grandes banques. Ce sont bien les activités de trading. Il faut que les gens finissent par comprendre que la banque de détail ne rapporte rien du tout aux banques. Soyons clairs, et arrêtons l' hypocrisie manifeste. Nous ne volons pas nos salaires et bonus. De plus ce n' est pas nous qui fixons les règles et les banques privées sont parfaitement libres de mener la politique qu' elles souhaitent mettre en oeuvre, notamment auprès de leurs salariés TRADERS.

Ce que n' apprécie justement pas l' opinion publique, c' est que " ces " banques ont reçu énormément d' aides de la part des différents états, et que dans le cas contraire elles ne seraient peut-être plus là aujourd' hui, à l' image de Lehman Brothers par exemple

Les gens n' ont pas la moindre idée du fonctionnement d' une banque. On aurait pû laisser couler les banques. Cela aurait bien entendu catastrophique, et le signal l' aurait été tout autant envers l' opinion publique. Les politiques n' avaient pas d' autres choix, ou alors tout s' écroulait. Mais, il faut encore et encore le souligner, ce sont bien ces mêmes politiques qui ont mis le feu aux poudres à l' origine, et certainement pas les TRADERS. Il ne faut pas tout confondre dans la vie.

Le milieu commence à être de plus en plus " remonté ", alors que vous faisiez plutôt profil bas ces derniers temps.

Nous avons accepté notre part de responsabilité il me semble. Mais là cela commence à faire .On ne va pas continuer à se faire lyncher en permanence, alors que ce n' est absolument pas justifié. Chacun sa place, et il serait appréciable que les gens parlent de ce qu' ils connaissent. Je sais que c' est la nouvelle mode de parler de tout, et surtout n' importe quoi, mais il va falloir que cela cesse. Cela devient insupportable. Et ce n' est certainement pas en mettant les gens les uns contre les autres que nous sortirons efficacement de la crise actuelle. Un peu de bon sens serait appréciale pour tout le monde.

On vous reproche votre " arrogance ", votre " suffisance ", votre " obsession " pour les " dollars "

On nous reproche tout. Même d' être totalement responsable de la crise du moment. Mais encore une fois, ne confondons pas tout. Désolée, mais nous créons de la richesse. A lui seul, un TRADER peut faire gagner 5, 10, 50, 100 millions ou même bien plus à son entreprise. Vous en connaissez beaucoup vous des métiers où une personne peut faire gagner autant de profits à elle toute seule ? Faites moi signe si vous en connaissez, moi je n' en connais pas.Les bonus représentent la récompense du talent du TRADER. S' il ne permet pas à l' entreprise de gagner de l' argent, il n' aura rien et finira par se faire virer avant d' être définitivement " grillé " sur les places.

Pourquoi tant de " haine " à votre endroit à votre avis ?

Les gens passent leur vie à parler pour ne rien dire. Au lieu de se lamenter ils feraient mieux de travailler. Au moins, ils ne parleraient pas pour ne rien dire. Puis, vous savez, les gens sont jaloux et frustrés. Ils ont toujours l' impression que ceux qui gagnent de l' argent le volent en ne le méritant donc pas. Les vieux relents communistes sont toujours présents partout, comme si les gens ne comprenaient finalement rien du tout.

Ne rien comprendre, c' est justement ce que l' on vous reproche également

Nous comprenons parfaitement bien les choses. Nous effectuons un métier difficile et nous sommes payés en conséquence. Nous ne sommes pas arrivés là par hasard. Il n' y a pas de piston en matière de trading. Si vous n' avez pas le niveau, vous êtes rapidement viré et ne risquez pas de toucher la moindre prime. Il faut arrêter de penser que quoique l' on fasse nous touchons des bonus faramineux. C' est faux. Les bonus sont liés aux performances individuelles de chacun d' entre nous.

Est-il vrai que vous n' osez plus dire en société que vous exercez le métier de TRADER ?

Oui. On se fait discret, et on ne peut que se faire discret. On reste très vague en disant que nous travaillons dans la Finance.

N' est-ce pas pesant ?

Bien sûr que c' est pesant. Cela le devient en tout cas. Même si les TRADERS sont quand même dotés de caractère fort, nous ne pouvons tout de même pas restés insensibles au lynchage organisé envers nous. Nous aimerions bien que chacun retrouve sa place.

Avez vous déjà penser à changer de métier, suite à toute cette " tourmente "  ?

Jamais de la vie. J' aime mon métier, et je pense que tous les TRADERS dignes de ce nom sont de véritables passionnés, qui contrairement à ce que l' on peut entendre, ne pensent pas qu' au " fric ".

On véhicule notamment autour de vous, parfois tout du moins, une image de " flambeur "

Encore un cliché ridicule. Les " vrais " TRADERS qui travaillent et performent, non ni l' envie, ni le temps d' aller claquer leur argent dans les boîtes de nuit branchées. Nous avons des vies biens plus rangées que les gens ne le pensent. Nous travaillons bien plus que la moyenne et le niveau de stress n' a strictement rien à voir avec celui d' une infirmière par exemple. Remettons donc les choses à leur place une bonne fois pour toutes. Nous n' avons de leçons à recevoir de strictement personne, et surtout pas de la part de gens qui ne connaissent strictement rien à nos conditions de travail peu communes.

On vous sent quand même " remontée "  ?

Bien sûr que je le suis. Il y en a marre de ce cinéma permanent. De cette jalousie mal placée. Chacun sa place et tout ira pour le mieux. Moi aussi je peux juger les gens qui ne " glandent " rien à longueur de journée, et qui osent la ramener. Qu' ils postulent auprès des banques pour devenir TRADER. UBS et les grandes banques embauchent, postulez donc !

Quelle est votre rénumération, si ce n' est pas trop indiscret ?

Je ne préfère pas trop m' étendre sur le sujet, d' autant que j' ai un devoir de réserve envers mon employeur. Je peux simplement vous dire que j' ai un fixe, et donc un bonus à la fin de chaque année, et que si je ne remplis pas mon " contrat ", j' ai de grandes chances de passer à la trappe, en étant " grillée " sur toutes les places. Le monde de la Finance étant un " petit " monde en fait.

Que faites vous en attendant la fin de cette nouvelle polèmique ?

Que voulez vous que je fasse ? Je fais le dos rond en attendant que cela se calme. On commence à en avoir l' habitude.

Merci à vous, bonne journée.

De même.

Si vous aussi, en tant qu' acteur du secteur financier, vous souhaitez vous exprimer, contactez nous !

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 13:10

Charles Goussard, 30 ans, est TRADER dans une grande banque de la CITY de Londres. Il réagit à la nouvelle polémique du moment concernant les bonus des TRADERS de chez BNP-PARIBAS



zone-trading : une nouvelle polémique vient de naître en France. Qu' en pensez vous ?

Charles Goussard : ( Large sourire ) C' est toujours le même cinéma. Les médias ont découvert le monde de la Finance avec la crise, et se font un malin plaisir d' en faire leurs choux gras dès qu' ils croient avoir dévoiler un scoop qui n' en est évidemment pas un. Si cela le permet de vendre leurs papiers " merdeux " tant mieux pour eux. Ce sera bon pour leurs actionnaires.

Il parait que dans le " milieu " plus personne n' ose dire qu' il est exerce le métier de TRADER, c' est vrai ?

Dans le contexte actuel, on ne va évidemment pas la ramener. Mais vous savez, on va rarement au camping du coin, donc nous n' avons pas trop à nous justifier.

Le métier de TRADER a été qualifié comme le métier le plus ARROGANT du monde, qu' en pensez vous ?

Franchement, cela a plutôt tendance à me faire rire. Je me moque bien de ce que peuvent penser les gens qui n' y connaissent de toute façon rien du tout. Tout le monde ose la ramener mais personne ne connait le monde de la Finance en général et le métier de TRADER en particulier. Si on pense que je suis arrogant, franchement je m' en " tape ". Cela ne va sûrement pas m' empêcher de dormir.

Vous n' êtes donc pas prêt à vous " racheter " une conduite ?

Et pourquoi ? En quel honneur. Nous ne sommes pas des maffieux.

L' opinion publique le pense pourtant

L' opinion publique ne comprend rien à rien et mange ce qu' on lui sert, à savoir la soupe préparée par les politiques démagos. Les " gens " ont de toute façon un énorme problème avec le " fric " alors qu' ils ne rêvent que de ça. Plutôt que de se lamenter à longueur de temps, ils feraient mieux de se sortir les doigts du " ... " et d' essayer de postuler pour être, tiens...TRADER par exemple. Ils verront si c' est si facile que cela.

Les " gens " comme vous dites, pensent que la Bourse est devenu un énorme CASINO

Cela prouve bien qu' ils n' ont pas grand chose dans le citron, et explique donc bien pourquoi ils ne sont pas TRADERS. La Bourse est tout sauf un CASINO et les TRADERS tout sauf des joueurs. Il faut arrêter de dire n' importe quoi ! On ouvre sa grande bouche quand on connait son sujet. Si les gens préférent écouter des journaleux à deux balles c' est vraiment leur problème.

On vous sent quand même agacé par tout ce qui se passe depuis maintenant plusieurs mois

Sur le fond on s' en tape, et sur la forme aussi je pense, même si à la longue on se pose quand même des questions sur le niveau de la " populasse " qui se laisse vraiment manipuler sans avoir la moindre capacité de raisonnement. C' est grave de ne pas réflechir et de ne pas prendre le moindre recul par rapport à une situation, à fortiori que l' on ne connait pas. Dans la vie on parle de ce que l' on connait, sinon on ferme sa gueule à jamais.

L' opinion publique pensent que les TRADERS jouent avec leur épargne

L' opinion publique ne comprend rien à rien. Les " gens " confondent tout. Forcément ils n' y connaissent strictement rien du tout. Et s' ils ne sont pas contents, ils peuvent toujours laisser leurs trois misérables économies sous leur matelas. Cela rapportera de toute façon guère moins que le taux du lvret A encore revu à la baisse par toute cette bande de politicards " démagos ".

SARKOZY n' a pas été tendre avec vous

SARKOZY est un politique par excellence, c' est à dire un MENTEUR qui n' agit que pour gratter des voix. En montrant du doigt une minorité, il était sûr de s'attirer la sympathie de la " populasse " qui rame. D' un point de vue stratégique, son attaque envers les TRADERS a probablement eu les retombées qu' il espérait. S' il est content de sa prestation, tant mieux pour lui.  

Selon lui, et les autres politiques d' ailleurs, vous seriez " responsables " de tous les maux.

Quand on a même pas vu arriver la crise comme SARKOZY, la moindre des choses est de fermer sa grande " gueule ". Après bien sûr, une fois que le mal était fait, il a bien fallu trouver des responsables. Avec le scandale de l' affaire KERVIEL, l' occasion était trop belle de tirer à vue sur les Financiers en général et les TRADERS en particulier, et bien entendu, la " populasse " a gobé une fois de plus. La " populasse " gobe de toute façon tout.

Qui sont les responsables alors ?

Les politiques justement. Et de tous les pays. Les " fameuses " subprimes ce sont les politiques, et notamment un certain BILL CLINTON qui souhaitait que même les " prolos " deviennent propriétaires de leur habitation principale. On a vu le résultat, et après on ose accuser les TRADERS de tous les maux. Faut quand même pas " déconner ". A chacun de prendre ses responsabilités, même si chacun sait, qu' en la matière, les politiques ne le font jamais.

Il y a d' autres responsables quand même  ?

Pas spécialement. Si les politiques font des conneries, tout s' enchaîne par la suite. On ne peut alors plus revenir en arrière. Les autres acteurs ne font qu' agir en fonction des lois pondues par les politicards. Ils agissent à la marge et ne peuvent donc être rendus responsables.

" Tout de monde " vous reproche justement de ne pas avoir sû vous remettre en question depuis la crise. Rien n' a changé apparemment.

Rien n' a changé, fort heureusement. Pourquoi cela changerait ? Donnez moi une seule bonne raison. Pour faire plaisir à cette bande de politicards qui refuse d' admettre sa responsabilité en faisant porter le chapeau aux autres ?. Non rien n' a changé et tout va pour le mieux.

Le monde a pourtant été sérieusement " secoué ". Ne fallait-il pas en profiter pour changer un peu les choses ?

Je vous le redemande : " changer quoi " ? Revenir au communisme ? Le capitalisme reste la moins pire des solutions. Même les communistes le savent très bien au fond d' eux. Après c' est l' histoire de la nature, à savoir le " gros " qui mange le " petit ". " Dieu " a peut-être une responsabilité lors de la création du monde.

Certains voulaient " moraliser " le capitalisme

( Large sourire carnassier ) Ceux là nous ont vraiment fait beaucoup rire. L' être humain est par essence individualiste et intéressé, il n' y a donc strictement rien à moraliser.

On vous reproche justement ce côté " inhumain " ?

Cela veut dire quoi être inhumain ? Seul l' être humain est capable du pire gratuitement. Mais il aussi capable du meilleur. A chacun de voir la bouteille à moitié pleine ou vide.

Les " gens " pensent que seul le " FRIC " intéresse les TRADERS

Parceque le brave " prolo " du coin n' est pas intéressé par le " FRIC " ? C' est nouveau ça. Ceux qui n' en ont jamais eu deviennent encore pire quand ils en ont. On ne va quand même pas réformer la nature humaine. Quoique SARKOZY peut s' y atteler.

Vous n' êtes pas prêt à changer ?

Pas le moins du monde et je ne vois pourquoi ce serait envisageable.

Vous travaillez en à la CITY alors que vous êtes français, pourquoi ?

La France n' a pas le moindre avenir. Tout le monde le sait.

On ne peut pourtant pas dire que ce soit pourtant la " joie " en ce qui concerne la Grande-Bretagne. Le système anglo-saxon semble avoir trouvé ses limites.

Quand l' économie repartira, tout repartira, alors qu' en France il faudra combler les excès astronomiques de la politique d' assistanat  permanent. Tout cela a un coût énorme, et tôt ou tard il faudra que la France passe à la caisse. Cela va faire mal. Très mal.

Vous n' envisagez donc pas de retour en France ?

Jamais de la vie. Seuls les " losers " retournent au pays.

A ce propos, la rumeur à un moment enflée en ce qui concerne l' indemnisation de TRADERS français travaillant à Londres et qui se seraient retrouvés au chômage

Je ne vois pas ce qu' il a d' étonnant. C' est la procédure classique. Elle est parfaitement légale.

Quelle est votre rénumération actuelle, si ce n' est pas trop indiscret ?

Je touche l' équivalent d' environ 11 000 euros par mois de fixe, plus bien entendu, un bonus annuel, qui s' est élevé pour l' année 2008 à environ l' équivalent de 950 000 euros.

Ce niveau de rénumérations de vous parait-il pas quelquepeu indécent ?

Non pas du tout, et j' en connais qui gagne beaucoup plus.

Combien pensez vous avoir fait gagner à votre employeur ?

Directement, plus que l' équivalent de 10 millions d' euros. Je pense donc être autrement plus productif qu' un ouvrier, ou pire, un fonctionnaire.

Et si vous n' auriez rien fait gagner à votre entreprise, combien auriez vous gagné ?

Mon fixe uniquement, avec de très fortes chances de me faire virer au final. Il n' y a pas de mystère. Tout est clair. Quand le commercial du coin ne parvient pas à vendre ses " carottes ", il ne touche que son fixe, et a donc sérieusement intérêt à se sortir les doigt du " ... " s' il veut s' en sortir. Pour le TRADER c' est la même chose, à une échelle différente bien sûr.

Avez vous quelquechose à ajouter ?

Oui. Que tout ceux qui critiquent les TRADERS essayent de faire la même chose, et nous verrons bien s' ils y parviendront. J' en rigole déjà d' avance.

Merci pour votre franc-parler et bonne continuation

Vous aussi, vous faites partie du " milieu " de la Finance et avez des choses à dire ? Alors contactez nous !

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26 août 2007 7 26 /08 /août /2007 17:00
Pas mal de statistiques cette semaine.

Lundi : 16H : ventes de logements existants de l' autre côté de l' atlantique.

Mardi :  16H : indice de confiance des consommateurs ( USA ) / 20 H : " minutes de la FED "

Mercredi : 16H30 : stocks pétroliers US

JEUDI : 14H30 : PIB USA T2 et inscriptions chômage / 16H : indice " help-wanted " 

VENDREDI : 14H30 : revenus et dépenses des ménages / 16H : indice PMI de Chicago et commandes industrielles / 15H45 : indice du sentiement des consommateurs.






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26 août 2007 7 26 /08 /août /2007 16:38
La semaine sera plutôt chargée. 

On commencera la semaine avec la publication d' UNIBAIL ce lundi.

Mardi il faudra regarder autour d' APRIL GROUP et de BACOU-DALLOZ, ainsi qu' ALTADIS notamment.

Mercredi sera chargé avec notamment les publications de : ACCOR, EURAZEO, GDF, IPSEN, SCOR et SOPRA.

Jeudi, la journée sera encore plus chargée. On attend en effet les publications de : BIC, CARREFOUR, CREDIT AGRICOLE, ESSILOR, DASSAULT, SUEZ, VEOLIA, NATIXIS, ERAMET, GENERAL DE SANTE, TELEPERFORMANCE, EIFFAGE, DEXIA, WENDEL, GFI INFORMATIQUE. SEB, L' OREAL notamment.

Enfin vendredi, cela va bouger aussi, avec les publications de : EDF, VIVENDI, BOUYGUES, CASINO, PPR, SAFRAN, ADP, ALTRAN, ILIAD, NRJ, HERMES notamment.


A noter que la liquidation est pour demain : lundi 27 aôut. Une nouvelle stratégie devra être mise en place dès mardi donc. Un nouveau point sur les valeurs les plus intéressantes à traiter en SRD sera donc à l' ordre du jour ici ce même jour. 


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